samedi 3 juillet 2010

Du Bosphore au Grand canal

J'avais découvert la plume de Jason Goodwin avec son Complot des Janissaires, roman auquel j'ai consacré un billet. Et j'avais envie de me laisser à nouveau tenter par un de ses romans. Ce qui m'a décidé à choisir Le mystère Bellini (10-18, collection Grands détectives, 2009, ISBN 978-2-264-05071-7 ; titre original The Bellini Card, 2008), c'était la possibilité de retrouver ces personnages, le subtil et perspicace eunuque Hachim et son ami Stanislaw Palewski, ambassadeur d'une Pologne qui a été déchirée entre les griffes de ses voraces voisins, mais dans un décor qui ne se limitait pas à Istanbul. En effet, ce Mystère Bellini e déroule en grande partie à Venise, ville dont le passé fait à la fois une rivale et une sorte de parente d'Istanbul.
Je ne m'étais que très peu intéressé à la Venise de la première moitié du XIXe siècle, tant la Venise du Settencento a ma préférence. Aussi, découvrir cette Venise sous la botte autrichienne, et ces Vénitiens partagés entre leur regard tourné vers un avenir incertain et leur regard tourné vers leur passé glorieux et regretté était un nouveauté.
Jason Goodwin nous invite à nous plonger dans ces eaux troubles où nagent les policiers autrichiens, les agents ottomans, les aristocrates vénitiens, les faux Américains et les vrais amateurs d'art, sur les traces d'un portrait que Bellini aurait peint du grand Mehmet le Conquerant. Le tout agrémenté de moments plus contemplatifs, comme ceux où l'auteur nous fait partager le goût de Hachim pour la gastronomie et les petits plats mitonnés.
Acceptez donc l'invitation, il y a là des gens d'intéressante compagnie.

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