Pour ma première rencontre avec l'univers polar de Michael Connelly et de son flic Harry Bosch, j'ai pioché le récent Nine Dragons, quinzième et dernier en date paru dans cette série-là (le seizième étant prévu pour octobre prochain). Vu que Harry Bosch a été créé en 1992 par Connelly, on peut dire que je ne me suis pas pressé pour découvrir cet auteur, ce personnage et son univers.
Ce Nine Dragons m'a fait de l'œil parce qu'il avait un petit parfum de triades et que je me disais qu'une enquête policière dans une toile d'araignée tissée par un triade et écrite par quelqu'un portant la réputation d'une grande plume du roman policier, ça pouvait valoir son pesant de cacahuètes. Après la lecture de ce roman, force m'est de constater qu'entre « ça peut valoir son pesant de cacahuètes » et « ça pouvait valoir son pesant de cacahuètes », il y a une différence qui n'est pas que sémantique.
Avec son Year of the Dragon (L'année du dragon), Robert Daley avait offert aux lecteurs un roman dense, passionnant. Avec Nine Dragons, je me dis que le nombre de dragons ne fait pas la qualité du roman. Ce n'est pas que l'intrigue en elle-même soit peu intéressante ; je dirais même qu'elle est plutôt fine, même si le lecteur malin peut se douter d'une partie de ce qui se cache derrière le voile de mystère. Non, ce qui m'a laissé spectateur non immergé, presque détaché, c'est le rythme de l'enquête. Encore un petit effort, et Harry Bosch détrônera Jack Bauer, celui qui sauve le monde en 24 heures chrono.
Avec trois bouts squelettiques d'indice, Harry-le-rapide est capable de retrouver, en un peu plus d'une journée, une personne qui a disparu au cœur de Hong Kong. Honk Kong en Chine, je précise au cas où certains penseraient qu'il s'agit d'une autre Hong Kong, moins connue et plus petite. Oui, Hong Kong et ses sept millions d'habitants, ses plus de 6.000 habitants au kilomètre carré (bon, vous allez peut-être me dire que ça reste quatre fois inférieur à la densité de Manhattan, un point pour vous), une ville dont Harry Bosch ne parle ni langue ni dialecte et dont il n'est pas vraiment familier. Harry Bosch, vous lui donnez un coin de photo de mauvaise définition, et il retrouve sans la moindre erreur la chambre dans laquelle la photo a été prise, à Hong Kong. Accessoirement, il fait le grand ménage à coups de flingue.
Je reconnais que je ne suis qu'un adepte de romans policiers, alors que Harry, lui, est inspecteur de police à Los Angeles. Ce qui lui confère probablement des capacités supérieures aux miennes en matière d'exploitation d'indices squelettiques. Tellement supérieures, même, qu'elles me paraissent totalement irréalistes.
J'ai donc lu la première moitié du roman (celle qui se déroule à Los Angeles) avec plaisir, et j'ai tourné les pages de la deuxième moitié dans un sentiment d'incrédulité qui a fini par me conduire à l'ennui.
Et puis il y a ces petits détails qui me fatiguent. Par exemple, pourquoi certains auteurs se sentent-ils obligés de faire de leur héros un vétéran de la guerre du Vietnam ? Certes, environ 3 millions d'Américains ont été mobilisés sur l'ensemble de la durée de la guerre du Vietnam (ce qui ne veut pas dire qu'ils ont tous été au combat, loin de là), et un quart d'entre eux est revenu avec des syndromes de stress post-traumatique. Mais pourquoi devraient-ils tous devenir des héros de plume ? Je peux comprendre ça quand il s'agit du sujet central d'une œuvre (je pense au bouleversant The Deer Hunter / Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino), mais quand ça tourne quasiment à la coquetterie ou à l'artifice de récit, je décroche.
En résumé, je suis loin d'avoir été convaincu par ce roman Nine Dragons. Et ça ne me donne pas l'envie de tenter l'aventure avec un autre roman de ce même auteur. Franchement, si vous voulez un bon roman avec un dragon dans le titre, mettez la main sur Year of the Dragon de Robert Daley. Mais oubliez ce Nine Dragons.
Avec son Year of the Dragon (L'année du dragon), Robert Daley avait offert aux lecteurs un roman dense, passionnant. Avec Nine Dragons, je me dis que le nombre de dragons ne fait pas la qualité du roman. Ce n'est pas que l'intrigue en elle-même soit peu intéressante ; je dirais même qu'elle est plutôt fine, même si le lecteur malin peut se douter d'une partie de ce qui se cache derrière le voile de mystère. Non, ce qui m'a laissé spectateur non immergé, presque détaché, c'est le rythme de l'enquête. Encore un petit effort, et Harry Bosch détrônera Jack Bauer, celui qui sauve le monde en 24 heures chrono.
Avec trois bouts squelettiques d'indice, Harry-le-rapide est capable de retrouver, en un peu plus d'une journée, une personne qui a disparu au cœur de Hong Kong. Honk Kong en Chine, je précise au cas où certains penseraient qu'il s'agit d'une autre Hong Kong, moins connue et plus petite. Oui, Hong Kong et ses sept millions d'habitants, ses plus de 6.000 habitants au kilomètre carré (bon, vous allez peut-être me dire que ça reste quatre fois inférieur à la densité de Manhattan, un point pour vous), une ville dont Harry Bosch ne parle ni langue ni dialecte et dont il n'est pas vraiment familier. Harry Bosch, vous lui donnez un coin de photo de mauvaise définition, et il retrouve sans la moindre erreur la chambre dans laquelle la photo a été prise, à Hong Kong. Accessoirement, il fait le grand ménage à coups de flingue.
Je reconnais que je ne suis qu'un adepte de romans policiers, alors que Harry, lui, est inspecteur de police à Los Angeles. Ce qui lui confère probablement des capacités supérieures aux miennes en matière d'exploitation d'indices squelettiques. Tellement supérieures, même, qu'elles me paraissent totalement irréalistes.
J'ai donc lu la première moitié du roman (celle qui se déroule à Los Angeles) avec plaisir, et j'ai tourné les pages de la deuxième moitié dans un sentiment d'incrédulité qui a fini par me conduire à l'ennui.
Et puis il y a ces petits détails qui me fatiguent. Par exemple, pourquoi certains auteurs se sentent-ils obligés de faire de leur héros un vétéran de la guerre du Vietnam ? Certes, environ 3 millions d'Américains ont été mobilisés sur l'ensemble de la durée de la guerre du Vietnam (ce qui ne veut pas dire qu'ils ont tous été au combat, loin de là), et un quart d'entre eux est revenu avec des syndromes de stress post-traumatique. Mais pourquoi devraient-ils tous devenir des héros de plume ? Je peux comprendre ça quand il s'agit du sujet central d'une œuvre (je pense au bouleversant The Deer Hunter / Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino), mais quand ça tourne quasiment à la coquetterie ou à l'artifice de récit, je décroche.
En résumé, je suis loin d'avoir été convaincu par ce roman Nine Dragons. Et ça ne me donne pas l'envie de tenter l'aventure avec un autre roman de ce même auteur. Franchement, si vous voulez un bon roman avec un dragon dans le titre, mettez la main sur Year of the Dragon de Robert Daley. Mais oubliez ce Nine Dragons.
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En parcourant le net à la recherche d'autres critiques de ce roman, je suis tombé sur celle-là, dont l'auteur n'a pas la main beaucoup plus légère que la mienne pour dire sa déception.


3 commentaires:
Et bien c'est sûr que d'entamer du Connelly avec cet ersatz de polar, cela a de quoi déplaire.
Si on ne devait que garder qu'un seul Connelly, il faut lire le "Le poète".
Et parmi la saga Harry Bosch, il y "Le dernier coyote" (the last coyote) ou "Le cadavre dans la Rolls" (Trunk Music).
Je donnerai peut-être une chance à ce Poète, si je le trouve sur le rayon d'une bibliothèque. Mais ces Nine Dragons m'ont totalement refroidi.
9 Dragons est effectivement la pire manière d'attaquer la saga Bosch car c'est indéniablement le roman le plus ridicule de la série.
Je pointe narcissiquement vers un billet qui présente l'oeuvre de manière plus globale :
http://hu-mu.blogspot.com/2010/08/michael-connelly-los-angeles-polar.html
Pour ma part, je crois que la série s'apprécie mieux en la débutant par le commencement afin de suivre l'évolution psychologique d'Harry Bosch. Cette construction fait partie intégrante du plaisir de lecture, à mon sens.
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