Je n'ai pas cédé à la folie du polar scandinave, quand il devenait impossible de se dire amateur de polar sans avoir lu Stieg Larson, quand il fallait absolument avoir lu Per Walhoo, Maj Sjowall ou Henning Mankell. C'est donc assez longtemps après sa parution en français que j'ai découvert La photo de Lime (2000), du Danois Leif Davidsen. J'ai profité, pour cela, de sa publication au format de poche (éditions Gallimard, collection Folio policier, 2009, ISBN 978-2-07-035806-9).
Comme son créateur Leif Davidsen, ancien reporter et correspondant de presse, Peter Lime a parcouru le monde. Il en a ramené des photos qui l'ont rendu un peu célèbre et assez riche, grâce à l'agence photographique qu'il a su créer avec un couple d'amis. Et le métier de paparazzo semble lui convenir, à lui qui a le flair pour dénicher les bonnes occasions d'où naîtront les clichés qui feront la une.
Mais il y a parfois le cliché de trop. Celui qu'on n'aurait pas dû prendre. Celui qui bouleverse votre vie en déchaînant un feu inattendu. L'existence de Peter Lime est mise sens dessus-dessous par un cliché de trop. Pourtant, ce n'est pas la colère d'un mari volage surpris avec sa maîtresse sur une côte espagnole, qui s'abat sur lui. Il lui faudra chercher derrière les apparences, derrière les menées des policiers espagnols dont certains regrettent le bon vieux temps du franquisme où ils avaient les mains libres, derrière les manigances de l'ETA qui cherchent à frapper ceux qui trahissent l'organisation. Il lui faudra voir derrière le sourire charmant de cette enquêtrice danoise venue le rencontrer jusqu'à Madrid pour lui parler d'un passé qu'il pensait avoir laissé loin derrière lui.
Sa quête l'entraînera loin de cette Espagne où il avait cru trouver la tranquillité d'une existence ordinaire. Loin, jusque dans l'amertume des anciennes amitiés trahies.
Un roman fort, de la première à la dernière page.
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