Au début était le Verbe. Le verbe de Dashiell Hammett, avec lequel il a sculpté des petits bijoux comme Red Harvest (1929 ; Moisson rouge) et The Glass Key (1931 ; La clé de verre).
Ensuite sont venus les frères Coen, Joel et Ethan. Le duo nous avait, jusque là, fourgué un Blood Simple (1984 ; Sang pour Sang) déjà bien noir et un Arizona (1987) méchamment secoué. Et quand Joel et Ethan Coen se sont emparé de l'univers de Dashiell Hammett pour faire leur film de gangsters, ils n'ont pas raté leur casse.
Ensuite sont venus les frères Coen, Joel et Ethan. Le duo nous avait, jusque là, fourgué un Blood Simple (1984 ; Sang pour Sang) déjà bien noir et un Arizona (1987) méchamment secoué. Et quand Joel et Ethan Coen se sont emparé de l'univers de Dashiell Hammett pour faire leur film de gangsters, ils n'ont pas raté leur casse.
Avec Miller's Crossing, on plonge dans la Prohibition, ses politiciens corrompus, ses femmes troubles et forcément fatales, ses Italiens qui cherchent des noises aux Irlandais qui le leur rendent bien. L'alcool coule dans les verres, les caniveaux et les veines des personnages.
Mais on est emporté bien loin des boîtes de jazz clinquantes façon The Cotton Club de Francis Ford Coppola (1984), bien loin aussi de la grandiloquence des Untouchables (1987 ; Les incorruptibles) de Brian de Palma. Dans Miller's Crossing, ça défouraille, ça incendie, ça expédie ad patres, mais presque sans effets. Peut-être parce que contrairement à ces films où le réalisateur se croit obligé de tourner caméra à l'épaule en ajoutant des tremblements pour montrer à quel point l'action est intense (un procédé qui fonctionne bien, néanmoins, dans certains cas), la photographie est ici particulièrement léchée, posée (je tire mon borsalino, à ce sujet, à Barry Sonnenfeld). Peut-être aussi parce que la musique se fait assez discrète.
Les frères Coen ont fait main-basse sur le patrimoine des films de gangsters, c'est évident. Il ne manque pas un chapeau de feutre, pas un manteau long en poil de chameau, pas une mitraillette Thompson à chargeur-camembert, pas un belle automobile, pas un coup tordu, pas une exécution dans un endroit brumeux. Il ne manque ni un Irlandais, ni un Italien, ni un Juif, ni un Danois, l'internationale en butte au 18ème amendement est au rendez-vous.
Ils ont emporté tout ce butin, l'ont secoué et y ont ajouté leurs propres ingrédients. Des dialogues qui font grincer les dents, des personnages tous tellement pourris qu'aucun d'eux ne peut servir de bouée de sauvetage au spectateur, une intrigue plus tortueuse que les comptes d'Al Capone, des personnages presque caricaturaux mais rendus crédibles par l'interprétation superbe des acteurs (Gabriel Byrne, Albert Finney, John Turturro, Marcia Gay Harden, Jon Polito et Steve Buscemi, pour ne citer qu'eux).
Mais on est emporté bien loin des boîtes de jazz clinquantes façon The Cotton Club de Francis Ford Coppola (1984), bien loin aussi de la grandiloquence des Untouchables (1987 ; Les incorruptibles) de Brian de Palma. Dans Miller's Crossing, ça défouraille, ça incendie, ça expédie ad patres, mais presque sans effets. Peut-être parce que contrairement à ces films où le réalisateur se croit obligé de tourner caméra à l'épaule en ajoutant des tremblements pour montrer à quel point l'action est intense (un procédé qui fonctionne bien, néanmoins, dans certains cas), la photographie est ici particulièrement léchée, posée (je tire mon borsalino, à ce sujet, à Barry Sonnenfeld). Peut-être aussi parce que la musique se fait assez discrète.
Les frères Coen ont fait main-basse sur le patrimoine des films de gangsters, c'est évident. Il ne manque pas un chapeau de feutre, pas un manteau long en poil de chameau, pas une mitraillette Thompson à chargeur-camembert, pas un belle automobile, pas un coup tordu, pas une exécution dans un endroit brumeux. Il ne manque ni un Irlandais, ni un Italien, ni un Juif, ni un Danois, l'internationale en butte au 18ème amendement est au rendez-vous.
Ils ont emporté tout ce butin, l'ont secoué et y ont ajouté leurs propres ingrédients. Des dialogues qui font grincer les dents, des personnages tous tellement pourris qu'aucun d'eux ne peut servir de bouée de sauvetage au spectateur, une intrigue plus tortueuse que les comptes d'Al Capone, des personnages presque caricaturaux mais rendus crédibles par l'interprétation superbe des acteurs (Gabriel Byrne, Albert Finney, John Turturro, Marcia Gay Harden, Jon Polito et Steve Buscemi, pour ne citer qu'eux).
J'ai retrouvé à l'écran, avec ce Miller's Crossing, toute la noirceur et la complexité que j'avais appréciées dans l'univers d'Hammett, mais Joel et Ethan Coen ont réussi à y apporter une dimension supplémentaire.
- La fiche de Miller's Crossing sur le site IMDB.
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